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Francis Bacon AKA l'écorché vif autodidacte

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Francis Bacon est un peintre anglais né en Irlande à Dublin le 28 octobre 1909.

Enfant fragile atteint d’asthme chronique, il grandit dans un milieu familial volent avec un père le maltraitant qui travaille dans le milieu hippique en tant qu’éleveur et entraineur de chevaux.

Pendant la première mondiale, celui-ci est affecté au ministère de la guerre à Londres obligeant ainsi sa famille à vivre entre Londres et Dublin.

Tout au long de son enfance, son état de santé nécessite la présence à ses cotés d’un précepteur pour suivre une scolarité normale.

En découvrant son homosexualité alors qu’il est âgé de 15 ans, son père le chasse du foyer familial,.

Il s’installe alors à Londres subsistant en grande partie grâce  à une pension versée par sa mère.

Il voyage ensuite entre Paris et Berlin vivant de petit boulot dans le milieu artistique comme peintre décorateur d’intérieur entre autres, une vie de bohème durant laquelle il réalise ses premiers dessins et aquarelles et découvre sa vocation.

En 1928, il revient à Londres et expose ses premières œuvres dans un atelier situé à Brighton dans le quartier de Queensbury Mews.

Influencé par ses années berlinoise et parisienne au niveau artistique dont la découverte à la galerie Rosenberg située dans le 8ème arrondissement de Paris des œuvres de Pablo Picasso, il devient décorateur et commence à peindre ses premières toiles s’inspirant de celui-ci ainsi que de Rembrandt, Diego Velázquez ou encore Nicolas Poussin pour lesquels il entretien une grande admiration.

En 1930, il organise dans son atelier une exposition d’arts décoratifs qui sera relayée dans la presse par le magazine Studio qui lui consacre un article.

En 1931, il décide de se consacrer essentiellement à sa passion pour la peinture et subvient à ses besoins grâces à des petits boulots.

En 1933, il fait sensation en s’attaquant avec brio au grand format et en abordant le thème de la crucifixion, un des thèmes centrales de son œuvre et qui sera reproduite dans la revue Art Now.

En 1934, sa première exposition personnelle à la Transition Gallery de Londres  est un véritable fiasco ce qui affecte fortement l’artiste qui songe à arrêter la peinture.

En 1936, André Breton organise l’exposition internationale du surréalisme à Londres et Francis Bacon essuie un refus à sa demande de participation.

En 1937, il sera sélectionné pour participer à l’exposition collective « Young British » Painters en compagnie de Victor Pasmore et Graham Sutherland.

En 1941, la seconde guerre mondiale éclate, Francis Bacon est déclaré inapte au service militaire et  part un temps vivre à la campagne avant de revenir à Londres.

Il prend la location d’un nouvel atelier dans le quartier bourgeois de Kensington et détruit la plus grande parie de son travail ne laissant qu’une dizaine de toiles.

En 1945, il présente lors de l’exposition à la Lefevre Gallery de Londres, son œuvre intitulée « Three studies for figures at the base of a crucifixion »  (Trois Etudes de figures au pied d’une crucifixion), un triptyque violent qui fait scandale au lendemain de la première guerre mondiale, où les populations éprouvées par des années de conflit souhaitent oublier les images d’horreur des cinq dernières années.

Paradoxalement, cette œuvre lance définitivement sa carrière de peintre hors du commun.

Ce tableau est aujourd’hui la propriété de la galerie Tate de Londres.

En 1946, Francis Bacon s’installe à Monte-Carlo et prendra une œuvre très orientée surréalisme, « Painting 1946 » qui sera acheté par le MoMa de New York en 1948.

Fasciné par le peintre baroque espagnol Diego Velazquez dont sa fameuse séries des « papes », Francis Bacon reprend l’idée pour commencer sa fameuse série des « Têtes » et utilise comme source d’inspiration les photographies de l’artiste britannique , Eadweard Muybridge.

En 1951, il fait la rencontre du peintre allemand Lucian Freud dont il peint un premier portrait.

Durant cette même année, il fait la rencontre à paris de Pablo Picasso et d’Alberto Giacometti par l’intermédiaire du peintre britannique, Isabel Rawsthorne.

Il ira en Afrique du Sud rendre visite à sa mère la même année.

En 1952, il expose des toiles qui s’inspirent de son voyage en Afrique du Sud ainsi que de la Provence où il vit.

En 1953, il peint une des ses œuvres incontournables « Deux Lutteurs ».

En 1954, il est invité en compagnie du peintre anglais Ben Nicholson pour représenter la Grande-Bretagne à la 18ème Biennale de Venise.

En 1955, « L’Institute of Contemporary Arts » de Londres lui consacre une première rétrospective.

En 1956, Francis Bacon voyage au Maroc.

En 1957, il expose pour la première fois à Paris et peint la série des « Van Gogh » qui s’inspire de la vie  du maitre néerlandais.

 

En 1958, Bacon enchaine les rétrospectives et les expositions en galerie suite à la signature d’un contrat avec celle de Marlborough qui devient le marchand de l’artiste.

En 1959, Francis Bacon participe à la Biennale de Sao Paulo au Brésil.

En 1961, son atelier est installé à l’étage d’une maison à deux étages loué par sa galerie situé au 7 Reece Mews South Kensington à Londres.

Son atelier devient une de ses sources d’inspiration principale de par le désordre qu’il y règne car il n’est jamais nettoyé ni rangé.

Les journaux, les tubes de peinture vides, les revues  et photos qui s’entassent sont d’autant d’éléments qui inspirent l’artiste.

En 1964, Francis Bacon réalise son premier triptyque en format géant, « Trois études pour une crucifixion » qui sera acheté par le musée Solomon R. Guggenheim de New York et adopte cette démarche artistique atypique comme la forme conventionnel de son travail.

Francis Bacon aborde durant cette période l’exploration des visages humains en travaillant soit l’autoportrait, soit se servant de son nouveau compagnon comme modèle, notamment dans la réalisations de sa toile « Portrait of George Dyer talking »  réalisé en 1966, ou encore en s’inspirant du portrait d’artistes réputés.

En 1969, il réalise un nouveau triptyque qui se consacre cette fois à sa fascination pour la tauromachie  baptisé « Trois études pour la corrida », animé par son goût pour la violence et influencé par son ami Michel Leiris, écrivain et poète français.

Francis Bacon voit dans la corrida au delà de la brutalité, un aspect sexuel qu’il décrit volontiers comme « un apéritif merveilleux pour l’amour ».

Entre 1964 et 1971, Francis Bacon se consacre à la réalisation d’une série de 14 portraits du peintre et figure emblématique de Londres, amie de longue date de l’artiste Isabel Rawsthorne. Il dira d’elle lors de son décès en 1992, qu’elle fut son unique amour féminin.

En 1971, le Grand Palais à Paris, lui consacre une première rétrospective et durant cet évènement son compagnon George Dyer se donne la mort dans leur chambre d’hôtel. Profondément affecté ce drame, il lui consacrera en hommage triptyque.

Atteint de problème d’asthme depuis son enfance, il contracte une pneumonie lors d’un séjour en Espagne et meut le 28 avril 1992 à l’âge de 82 ans.

Francis Bacon demeure un artiste atypique, inspiré par le cubisme de Pablo Picasso, il a su trouver dans son autodidactisme et à travers ses créations picturales, la voie salvatrice pour extérioriser en partie ses traumas emprunts de violence et de cruauté.

Son œuvre est une mise en scène de son existence abordant ses passions, ses blessures, ses amis et ses amours par le biais de créations torturées.